HOCKEY

Les membres de Hockey viennent des quatre coins des USA, et le groupe a passé des années formatrices à Los Angeles, Spokane et Portland. Comme ils le stipulent dans la chanson “I Wanna Be Black” (tous les textes malins et mordants
du groupe sont écrits par Ben), “Tout le monde fait de la dance aujourd’hui, mais nous en faisons depuis 2002. A cette époque nous voulions que notre musique procure du plaisir aux gens présents lors des fêtes où nous jouions.”
Hockey est comme ça. Pour ces musiciens-là, même à l’époque où personne ne les connaissait et où ils ont enregistré “Mind Chaos”, leur premier album pour un label indépendant, il était hors de question de ne pas avoir systématiquement
un train d’avance. Pas de problème non plus pour investir le peu d’argent qu’ils avaient dans ce disque truffé de mélodies et de rythmes en or. Un projet lo-fi, certes, mais pour aller au top !
Ben et Jerm se sont rencontrés à l’université en Californie, une sorte de communauté hippie en fait, au milieu d’un quartier d’affaires particulièrement ennuyeux. “On pouvait choisir librement quel enseignement recevoir et la façon dont on voulait suivre les cours” se souvient Jerm. Ce qui signifie que les deux amis pouvaient faire de la musique, n’importe quelle musique, et que ça comptait comme des devoirs.Le duo a commencé à jouer avec une boîte à rythmes dans les fêtes et des clubs autour de Los Angeles. Puis les deux musiciens ont eu envie d’un vrai groupe et de pouvoir faire du boucan dans un local de répétitions, de donner davantage de dynamique à leurs chansons, chose qu’on ne peut pas faire avec une boîte à rythmes. De cette époque d’écriture intense, ils n’ont conservé qu’une seule chanson, jugée assez bonne pour figurer sur “Mind Chaos”. Il s’agit de “Song Away” un titre glorieux qui donne l’impression d’entendre les Cars interpréter “Saturday Night Fever”. Leurs études artistiques terminées, Ben et Jerm se sont installés à Spokane (Washington), et liés avec Anthony, un batteur. Ils se sont mis à écrire des chansons. D’un côté, ils étaient un groupe indé qui prisait Michael Jackson. De l’autre, ils voulaient allier la rudesse du hip-hop old school à celle du rock garage.
Par la suite, le trio a émigré vers Portland (Oregon), là où la scène musicale bouillonne. “Nous retrouver dans une grande ville, après Spokane qui est un peu loin de tout, nous a fait ouvrir les yeux, dit Jerm. Les gens de Portland ne se laissent pas impressionner facilement. Il faut relever la barre. C’était darwinien quelque part : grandir ou mourir !” Il suffit d’écouter la grunge-funk de “Too Fake” pour constater que cette survie les a menés au merveilleux. Ce joyau est une de leurs plus vieilles chansons, née d’une jam à rallonge interprétée sous l’effet de substances lors d’un concert. Au printemps 2008, Brian, un vieux copain qui avait déjà joué avec Anthony, a rejoint les trois autres. Le quatuor flambant neuf a commencé à écumer la côte ouest des USA. Le groove rock de “Work”, à la fois léger et intense, et “Learn To
Lose”, qui sonne comme si les Strokes jouaient du LCD Soundsystem, a attiré l’attention de Zane Lowe de Radio 1. Les labels ont commencé à tourner autour du groupe qui, finalement, a signé avec Capitol Records aux USA et Virgin au
Royaume-Uni.
Mind Chaos / 2009
Capitol / EMI